Comité des écrivains et écrivaines en prison

Nos actions

Comité des écrivains et écrivaines en prison PEN International

Le Comité des écrivains en prison de PEN International travaille au nom des écrivains victimes de persécutions dans le monde. Il a été fondé en 1960 en réponse aux tentatives croissantes visant à étouffer les voix dissidentes en incarcérant écrivains et journalistes.

À l’heure actuelle, le Comité assure chaque année le suivi des affaires de 700 à 900 écrivains. Le Comité exerce des pressions sur les gouvernements et offre un soutien moral aux écrivains en prison qui peuvent devenir des membres honoraires de Centres individuels. Le Comité maintient une base de données de tous les cas d’abus perpétrés contre les écrivains et les journalistes, qui est mise à jour quotidiennement. Les renseignements concernant des affaires ou pays particuliers sont disponibles sur demande.

Les alertes du Réseau d’intervention rapide du Comité fournissent des détails concernant les cas de personnes dont la vie et la liberté sont menacées et formulent des suggestions d’actions ciblées.

Outre son travail au nom d’écrivains individuels, le Comité donne le coup d’envoi de campagnes sur des questions qui affectent la liberté d’expression telles que la diffamation religieuse, l’impunité et la diffamation criminelle, ainsi que des campagnes axées sur des régions ou pays particuliers comme les Amériques, l’Iran, la Chine ou encore la Turquie.

Le Comité des écrivains en prison travaille également par le truchement des Nations unies pour attirer l’attention sur des cas individuels et les atteintes systématiques aux droits de l’homme dans certains pays

 

Liste des écrivains et écrivaines en prison

 

Asli Erdogan
Arrêtée et emprisonnée

Nouveaux membres honoraires du Centre PEN Suisse Romand, NGUYEN Tien Trung et LU Van Bay
PEN WIPC Case List July to 31 décembre 2011

Nguyen Tien Trung, né le 16 septembre 1983.
Ecrivain et poète dissident, blogueur. Il a étudié cinq ans à Rennes, en France, de 2002 à 2007, année où il reçoit son diplôme d’ingénieur de génie informatique de l’Institut national des sciences appliquées (Insa). Pendant ces années, Nguyen Tien Trung crée l’Association des Jeunes Vietnamiens pour la démocratie, appelle dans son blog à plus de libertés dans son pays. Après ses études, il retourne au Viet Nam. Appelé sous les drapeaux du régime communiste en mars 2007, il a été arrêté le 7 juillet 2009 pour ‘’propagande contre la République Socialiste du Viet Nam’’. Il a été condamné à 7 ans de prison et 3 ans de détention probatoire pour violation de l’Article 88 du code criminel vietnamien, à l’issue d’une parodie de procès.
Depuis, un comité de soutien s’est formé à Rennes avec des anciens camarades et professeurs de l’Insa. Reporters sans Frontières, Amnesty International, Human Rights Watch et PEN International continuent de faire pression pour sa libération immédiate et inconditionnelle. Selon ces organisations, les accusations proférées à son encontre sont fabriquées de toutes pièces. Nguyen Tien Trung n’a jamais mis en danger l’Etat vietnamien. Il n’a fait que s’exprimer librement, un droit garanti par la Constitution de son pays. Les autorités voulaient faire de lui un exemple et intimider les étudiants vietnamiens qui, après avoir étudié à l’étranger, rentrent chez eux et revendiquent un Etat de droit respectueux des libertés fondamentales. En fait, il a publié en ligne des articles sur les questions de la liberté d’opinion, de religion et les médias, ainsi que de la corruption. Il est auteur des lettres ouvertes et des pétitions aux dirigeants du parti communiste et du gouvernement. Ses lettres, essais et poèmes ont été publiés en ligne et relayés par de nombreux forums au Viet Nam et à l’étranger. Il a également donné de nombreuses interviews aux médias étrangers dont la BBC, RFA, etc. [PEN WIPC RAN 49/09 – 15 Septembre 2009].
Lieu de détention: Camp address : Trai tam giam Công an, 4 duong Phan Dang Luu, phuong 14, quân Binh Thanh, thành phô Hô Chi Minh (city), Viêt Nam.

LU Van Bay, né en 1952.
Journaliste dissident et blogueur. Auteur de plusieurs articles qu’il a publiés en ligne, notamment sur des sites d’actualités ou forums d’opinion tels que Dan Chim Viet (Oiseaux Vietnamiens), Doi Thoai (Dialogue) et To Quoc (Patrie). Ses publications contiennent ses réflexions sur la situation du pays au cours de cinq dernières années, appelant à la fin du règne du parti unique et l’introduction d’un système multipartite. Il se concentre sur les questions sociales et politiques, défend la liberté d’expression et celle de la presse et demande la libération des prisonniers politiques et de conscience. Pour des raisons de sécurité, il a écrit sous divers pseudonymes, dont Chanh Trung, Hoang Trung Chanh et Tran Bao Viet, nom de plume qu’il utilisait depuis 2010. (PEN WIPC RAN 49/11-21 Septembre 2011). Le 26 mars 2011, les agents de sécurité publique ont arrêté Lu Van Bay après avoir fouillé son domicile, saisi son ordinateur et plusieurs de ses écrits. Le 22 août 2011, il a été condamné à quatre ans de prison et trois ans de détention probatoire pour “propagande contre la République Socialiste du Viet Nam’’, selon l’article 88 du code criminel vietnamien. Son procès, qui n’a duré que quelques heures, s’est déroulé sans qu’il n’ait pu avoir accès à un avocat ou se défendre. La police de sécurité publique a exercé des pressions pour que sa famille et Lu Van Bay lui même renoncent à faire appel après le procès au tribunal de première instance. Depuis son emprisonnement, il a perdu beaucoup de poids et souffre fréquemment de maux de dos. Sa famille s’inquiète pour son bien-être.
Lieu de détention: Camp address : Trai tam giam Công an Kien Giang, Khu pho 6 Duong Nguyen Chi Thanh, Rach Soi, Kien Giang Viet Nam.

Buddha, Jangtse Donkho et Kalsang Jinpa de langue tibétaine Shar Dhung Ri
PEN WIPC Case List January to June 2011
Couverture du magazine banni
(
La montagne de Neige Orientale)

JANGTSE Donkho (35 ans), nom de plume ‘’Nyen’’, poète de renom et écrivain, membre de l’Association des Ecrivains de Sichuan, auteur de plusieurs recueils de poèmes.
BUDDHA (36 ans), nom de plume ‘’Bouddha le Misérable’’, écrivain et éditeur, médecin, auteur des poèmes et nouvelles publiés dans le journal de langue tibétaine Pang gyen Metok (Fleurs ornant les pâturages) et co-éditeur du magazine de langue tibétaine Duerab Kyi Nga (le Moi Moderne).
KALSANG Jinpa, (37 ans), nom de plume ‘’le Forgeron’’, poète et écrivain, auteur des poèmes et nouvelles publiés dans le Journal de langue tibétaine Pang gyen Metok (Fleurs ornant les pâturages) et co-éditeur du magazine de langue tibétaine Duerab Kyi Nga (le Moi Moderne).
Jangtse Donkho, Buddha et Kalsang Jinpa ont été arrêtés en juin et juillet 2010. Le 20 décembre 2010, Jangtse Donkho et Buddha ont été condamnés chacun à quatre ans de prison ferme, et Kalsang Jinpa à 3 ans de prison ferme, par la cour populaire de Ngaba, à l’est du Tibet, pour incitation au séparatisme. En réalité, ce sont leurs écrits publiés dans le magazine banni de langue tibétaine Shar Dhung Ri (
La montagne de Neige Orientale) qui leur ont valu cette peine. Le procès n’a duré qu’une demi-journée et les accusés n’ont pas été défendus par des avocats indépendants de leur choix. Leurs écrits ‘’incriminés’’ portent sur des questions telles que la démocratie, la liberté d’opinion et de religion et la violente répression chinoise contre les intellectuels tibétains au Tibet depuis mars 2008.
Selon des témoins au procès, les trois écrivains ont été autorisés à revoir les membres de leur famille pendant quelques minutes avant la sortie du tribunal. Buddha, incapable de tenir son fils de 2 ans car il était enchaîné, a embrassé son fils à deux reprises et a demandé à sa femme de s’assurer que son fils apprenne la langue tibétaine, puis il a été emmené. Buddha s’est adressé au tribunal dans un Chinois parfait, niant avoir commis de crime et ajoutant que les articles, que lui et les autres étaient accusés d’avoir écrits, étaient aussi publiés par des Chinois Hans, mais depuis que nous sommes des minorités, vous nous punissez avec de la détention, des procès et de la prison, a-t-il dit. Il a poursuivi en disant: ‘’si ces charges sont reconnues contre nous, nous porterons un très grand poids dans nos cœurs à cause de cette injustice et à cause de l’inégalité entre les différentes nationalités, bien que nous soyons citoyens du même pays’’.
Au cours du procès, les deux autres hommes ont parlé en Tibétain, et ont eu l’impression que le traducteur du tribunal a fourni une traduction imprécise de leurs remarques.
Lorsque le juge a ordonné à tous dans la cour de se lever pour le verdict, les trois tibétains sont restés assis, s’estimant accusés injustement.

Turquie : la romancière Asli Erdogan et la linguiste Necmiye Alpay remises en liberté provisoire
LE MONDE | 29.12.2016 à 16h31 • Mis à jour le 29.12.2016 à 20h43 | Par Marie Jégo (Istanbul, correspondante)

Libres ! Après plus de quatre mois de détention préventive, la romancière turque Asli Erdogan et la linguiste Necmiye Alpay ont quitté, jeudi 29 décembre au soir, la prison pour femmes de Bakirköy à Istanbul. « Je suis sous le choc », a déclaré Asli Erdogan, accueillie par un comité de fidèles à la porte de la prison.

Devant le bâtiment, les proches, les amis, les fans attendaient de pied ferme malgré la pluie battante et les rafales de vent qui retournaient les parapluies. Aysegül Tozeren, amie de longue date de Asli Erdogan, était là, elle aussi. Elle ne pouvait contenir son impatience, laissait éclater sa joie : « Je suis si heureuse pour elle, même si l’affaire n’est pas terminée ».

L’attente était interminable, ce jeudi au palais de justice de Caglayan mais elle a payé. En fin d’après midi, la 23ème chambre de la Cour pénale d’Istanbul a ordonné la remise en liberté provisoire, sous contrôle judiciaire, de huit des neuf intellectuels accusés de terrorisme, dont Asli Erdogan et sa co-détenue Necmiye Alpay.

Nouvelle audience le 2 janvier

Pour autant, les prévenus du « procès Özgür Gündem », du nom du journal pro kurde accusé de soutenir la rébellion armée du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), n’en ont pas fini avec les charges qui pèsent contre eux. Une nouvelle audience a été fixée au 2 janvier 2017. Accusés d’« appartenance à une organisation terroriste » et d’«atteinte à l’intégrité de l’Etat », huit d’entre eux encourent la réclusion à perpétuité.

«Les accusations ont été maintenues malgré la remise en liberté provisoire. Les accusés ont interdiction de quitter le territoire national », explique Erdal Dogan, l’avocat de Asli Erdogan. « Nous avons demandé que l’affaire soit classée mais le tribunal a refusé. Nous avons réclamé l’acquittement, sans succès. Reste à espérer que le juge y viendra », se prend-il à espérer.

Dès le matin, les comités de soutien à l’écrivaine étaient sur le pied de guerre, manifestant aux abords du Palais de Justice de Caglayan. Au moment de l’audience, tous n’ont pas pu pénétrer dans la salle, faute de place. Des diplomates français, allemand, britannique, suisse étaient présents.

« Ma raison d’être en tant qu’écrivain est de dire les choses »

Après la lecture de l’acte d’accusation (38 pages), Asli Erdogan et Necmiye Alpay se sont exprimées, annonçant qu’elles plaidaient « non coupable ». A la barre, l’écrivaine, silhouette frêle, les traits tirés, s’est défendue avec brio, disant qu’elle allait faire « comme si les lois existaient ». Elle a ensuite expliqué au juge que son appartenance au comité éditorial d’Özgür Gündem, n’était que symbolique, « je n’avais aucun statut officiel à la rédaction ». Elle a rappelé que le comité en question n’avait pas tenu « une seule réunion en cinq ans ».

« Ma raison d’être en tant qu’écrivain est de dire les choses », a-t-elle résumé, s’étonnant d’être poursuivie pour ses articles. «Il y a dix huit ans, j’avais aussi publié des articles dans le journal d’opposition Radikal et je n’ai jamais été poursuivie ».

Dans le couloir, Baris Yarkadas, député du Parti républicain du peuple (CHP, social démocrate) pour la ville d’Istanbul, fait les cent pas. Tout juste sorti de la salle d’audience « surchauffée », il s’indigne : « Ce procès n’a pas lieu d’être. Ces deux femmes n’étaient pas membres de la rédaction du journal, elles étaient des conseillères. Par ailleurs, j’ai du mal à comprendre le fonctionnement de ce tribunal où, alors que neuf prévenus sont cités à comparaître, deux seulement sont présents à l’audience ».

Nouvelle arrestation d’un journaliste

Cinq des neuf prévenus sont à l’étranger. Deux collaborateurs d’Özgür Gündem, Zana Bilir Kaya, le directeur de la publication et Inan Kizilkaya, le rédacteur en chef, étaient supposés comparaître. A cause des intempéries, ils n’ont pas pu être déférés devant le tribunal, la route menant à la prison de Silivri ayant été obstruée par la chute d’une grue de chantier. A l’issue de l’audience, le juge a accordé la remise en liberté provisoire sous contrôle judiciaire pour Zana Bilir Kaya, tandis que Inan Kizilkaya a été lui maintenu en détention.

Ces remises en liberté provisoire ont été assortie d’une nouvelle arrestation, intervenue jeudi matin, celle du journaliste Ahmet Sik. Collaborateur régulier du quotidien de l’opposition laïque Cumhuriyet, il avait passé un an en prison en 2012 pour avoir dénoncé dans un livre l’infiltration des institutions par le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, désormais accusé par Ankara d’avoir ourdi le putsch raté du 15 juillet.

A présent, Ahmet Sik se retrouve lui aussi soupçonné de propagande terroriste. Il est accusé également d’outrage envers l’Etat, l’appareil judiciaire l’armée et la police. « La Turquie est devenue un enfer pour les journalistes. 3000 ont perdu leur emploi, 800 ont vu leurs cartes de presse supprimées. 148 sont en prison », rappelle le député Baris Yarkadas.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/12/29/turquie-la-justice-ordonne-la-remise-en-liberte-de-l-auteure-asli-erdogan_5055384_3214.html

La Tragédie des Ecrivains, Journalistes et Artistes Persécutés et Assassinés. *
A l’occasion de la Journée de PEN International de l’Ecrivain en prison, le 15 novembre 2016

A l’occasion de la Journée de PEN International de l’Ecrivain en prison, le 15 novembre 2016, le Comité des Ecrivains en Prison exprime ses préoccupations sur la répression avec impunité contre la liberté d’expression, la liberté de presse et la liberté de créativité artistique. Des centaines d’écrivains, journalistes, blogueurs et artistes ont été attaqués pendant les 12 derniers mois. Certains ont été assassinés ou portés disparus. Le meurtre d’Anna Politkoskaya est toujours impuni, 10 ans après.

Lors du Congrès du PEN International réuni en septembre dernier à Ourense, en Galice, Espagne, une dizaine de résolutions adoptées ont dressé un sombre bilan encore insuffisant et partiel. En vérité, la liste des pays à haut risque pour la littérature et la liberté d’expression et d’opinion reste non exhaustive.

Avec 10 tués et de nombreux blessés, l’Afghanistan vit, en 2016, la plus meurtrière année pour les professionnels des médias, pour les écrivains et intellectuels. Au Bangladesh, une impunité flagrante pour les assassinats des éditeurs, blogueurs, universitaires, activistes de la société civile et religieux des minorités. Cuba ne cesse de harceler et arrêter les journalistes, les écrivains et blogueurs pour délit d’opinion. En Egypte, un nombre inquiétant des écrivains et journalistes persécutés ou emprisonnés pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression, à celle de la presse, ou de la créativité artistique. En Erythrée, absence de médias indépendants depuis 15 ans. Arrestations arbitraires systématiques,  disparitions violentes et exécutions extrajudiciaires. 17 journalistes victimes de disparitions forcées, dont Dawit Isaak, journaliste, dramaturge, poète suédo-érythréen, détenu en septembre 2001. La Chine réprime sans pitié les écrivains et les défenseurs des droits humains de la région autonome du Tibet. Certains prisonniers ont subi la torture. La langue tibétaine est gravement menacée parce que le mandarin devient la langue principale enseignée dans les écoles. De brutales mesures de répression frappent les régions autonomes du Xinjiang Ouïgour, de Mongolie intérieure et la région spéciale de Hong Kong. Partout, en Chine, la liberté d’expression est bâillonnée. Au moins, 40 écrivains sont encore en prison, dont le Nobel de la Paix Liu Xiaobo. Au Viet Nam, les écrivains, journalistes et blogueurs dissidents font l’objet d’arrestations arbitraires, condamnés à des peines de prison particulièrement longues, dans des procès inéquitables. Certains ont été contraints à l’exil en échange de la sortie du camp de travail forcé, telles la femme poète Tran Khai Thanh Thuy et la journaliste Ta Phong Tan. A leur place en prison, Nguyen Ngoc Nhu Quynh, fondatrice du Réseau des Blogueurs Vietnamiens et mère de deux petits enfants, vient d’être incarcérée pour ‘’propagande contre l’Etat socialiste’’. Elle risque 20 ans de prison. L’Inde connaît une détérioration inquiétante de la liberté d’expression. Ecrivains, journalistes et artistes sont harcelés et contraints au silence pour avoir exprimé les préoccupations de minorités religieuses, sociales et linguistiques. Au Honduras, la liberté d’expression demeure une préoccupation majeure. Depuis 2003, 57 journalistes ont été tués alors que dans la majorité des cas, les auteurs de ces crimes ne sont pas encore identifiés. L’autocensure chez les médias est motivée par la crainte d’une condamnation pour diffamation et de procès en calomnie. Par ailleurs, les étudiants ne sont pas assurés de pouvoir exercer leur droit de manifestation pacifique qui constitue un élément essentiel de la liberté d’expression. Cesario Padilla, journaliste et co-fondateur du Centre PEN Honduras, a été suivi par des hommes armés. Le Mexique continue d’être l’un des pays les plus meurtriers pour les professionnels des médias : de 2005 à juin 2016, plus de 100 meurtres de journalistes et 25 disparitions. 9 assassinats pour les 6 premiers mois de 2016. Auteurs des crimes restent impunis, dans 9 cas sur 10. En Iran, parmi les 61 écrivains, journalistes, blogueurs, compositeurs et cinéastes persécutés resensés, 16 étaient en prison et 8 en détention pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression et de créativité artistique. Parmi ces victimes se trouvent deux condamnés à mort, l’écrivain et poète Arzhang Davoodi et l’auteur Hesameddin Farzizadehru. En Israël, Dareen Tatour a été arrêtée le 11 octobre 2015 après avoir posté un de ses poèmes sur les réseaux sociaux. Citoyenne israélienne, la poétesse palestinienne risque jusqu’à 8 ans de prison pour ‘’incitation à la violence’’. Le 14 janvier 2016, elle a été libérée et placée en résidence surveillée jusqu’à son procès programmé vers la fin de l’année. En Turquie, suite à l’état d’urgence, depuis le 28 juillet 2016, le pouvoir a ordonné la fermeture de 131 médias, dont 3 agences de presse, 16 chaînes de télévision, 23 stations de radio, 45 quotidiens, 15 magazines et 29 maisons d’édition, y compris le quotidien pro-kurde Özgür Gündem. 97 écrivains et journalistes sont connus effectivement en état d’arrestation ou en garde à vue. La romancière Asli Erdogan, l’une des voix majeures de la littérature turque contemporaine, a été arrêtée le 17 août 2016 pour ‘’propagande en faveur d’une organisation terroriste’’. La Grande Répression se poursuit le lundi 31 octobre, avec l’arrestation du rédacteur en chef Murat Sabuncu et plusieurs journalistes de Cumhuriyet, principal quotidien d’opposition. Pour rappel, la Turquie est signataire du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques et de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

Nguyên Hoàng Bao Viêt, pour le Comité des Ecrivains en Prison du Centre PEN Suisse Romand.